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Virginie Courtin, la force de la nature chez Clarins

18 mai 2024

Carole Bellemare

Photo : DR

Le groupe accélère avec l’acquisition d’un vaste domaine agricole

C’est une grande année pour Clarins, non seulement parce que le groupe familial fête ses 70 ans et qu’il ouvrira à la fin de l’année une nouvelle usine à Troyes qui va lui permettre de doubler ses capacités de production, mais aussi parce que le champion des cosmétiques naturels vient d’acquérir un vaste domaine agricole de 115 hectares dans le Gard. But : y cultiver des plantes « maison » qui entreront dans la fabrication de ses produits. 


Une accélération qui enthousiasme la directrice générale Virginie Courtin, promotrice du projet, qui inaugure en quelque sorte son installation aux commandes et celle de la troisième génération. « On avait envie d’avoir cette nouvelle casquette d’agriculteurs et d’aller plus loin. Aujourd’hui maitriser toute la chaine de valeur, c’est ce que fait la différence dans un monde où de nouvelles marques se créent tous les jours. Avec l’acquisition de ce domaine , on va devenir la première marque de cosmétiques à pouvoir dire à grande échelle que nos produits sont fabriqués avec nos propres ingédients, mais aussi que c’est bon pour la planète», se félicite la fille de l’ancien président Christian Courtin, aujourd’hui à la retraite. 


Développer le modèle Clarins d’un sourcing intégré, telle est désormais son ambition. Le groupe avait déjà acquis en 2016  le domaine de Serraval en Haute Savoie, où sont cultivées chaque année sur un hectare 2,5 tonnes de plantes qui après extraction par des partenaires spécialisés, sont intégrés dans les produits Clarins dans l’usine de Pontoise. 


«On s’était lancés sans savoir si ça allait être un succès car on avait fixé des critères très hauts en matière d’agriculture. C’est bio, on fait tout à la main et il n’y a pas de machine, la terre est labourée avec des chevaux. On avait envie d’appliquer les standards de l’agriculture régénérative pour voir quel impact on avait sur les sols et rendre le sol meilleur que quand on l’avait trouvé». 


Preuves faites, après huit ans de R&D et de culture et six plantes intégrées dans les produits, la famille Courtin avait dès lors « le projet d’être grand », en allant toujours plus loin dans « la traçabilité des matières premières, la qualité, l’efficacité des formules et l’innovation au service d’une beauté toujours plus responsable» Avec l’acquisition du nouveau domaine, Clarins  passe donc la surmultipliée. 


Une première mise en culture est prévue dés l’automne sur 50 hectares et ce sont à terme près de 50 espèces d’arbres et de plantes qui seront cultivées près de Nîmes. Figuiers de Barbarie, cognassiers, amandiers, lavande, thym citron..., autant de plantes complémentaires de celles du domaine de Haute-Savoie qui constitueront à terme une des principales sources d’approvisionnement de Clarins. « Notre objectif est que d’ici 5 ans est un tiers des plantes nécessaires à la fabrication de nos produits provienne de nos deux domaines», précise Virginie Courtin qui connait désormais sur le bout des doigts les questions d’agriculture régénérative ou d’hydrologie.


Curieuse de tout, elle n’hésite pas à aller sur le terrain . «On est déjà en train de répertorier la qualité des sols , de la terre , de la matière organique, des organismes vivants comme les lombrics...» , explique la diplômée de l’Edhec, soucieuse de « rendre des comptes et de pouvoir dire à la cliente qu’on offre vraiment une expérience du champ à la peau, en garantissant la traçabilité la plus poussée ».  


Etre novateur, participer à réinventer les ingrédients et à régénérer en même temps les sols est la grande fierté de cette mère de trois enfants amoureuse de la nature. Un atavisme familial qu’elle tient de son grand-père Jacques Courtin, fondateur de la marque. « Il était passionné de plantes, a étudié la botanique, et nous disait toujours : la nature nous a donné toute notre matière première , on doit lui rendre ce qu’elle nous a donné ». «Rendre la vie plus belle et transmettre un monde plus beau », telle est d’ailleurs la raison d’être inscrite dans les statuts de Clarins. 


Code de bonne conduite encore, en 2020 le groupe familial structurait ses actions et précisait ses engagements RSE à travers une première road map à 2025. Virgine Courtin détaille aussi avec une totale implication tous les objectifs du groupe en matière de packaging, d’énergie et de sourcing verts ou de baisse d’empreinte carbone. Avec des performances anticipées , qu’elle ne manque pas de souligner.


Son autre dada encore, l’engagement de la marque comme premier grand partenaire de la discrète ONG Mary’s Meals qui achemine des repas aux écoliers dans les pays les plus pauvres. En septembre dernier, elle en accompagnait les responsables sur le terrain. Car elle en est convaincue : « les entreprises qui seront là dans cent ans sont celles qui savent créer de la valeur tout en se responsabilisant sur le volet social et environnemental et en s’assurant de leur impact positif sur la planète »


Une véritable culture d’entreprise qu’elle ne manque pas d’infuser parmi les 8 500 collaborateurs de l’entreprise à la santé remarquée. L’an dernier, celle-ci a surperformé le secteur avec une croissance de 10% . «En 2025, on aura doublé la taille de Clarins de 1 à 2 milliards d’euros et on aura fait en dix ans ce qu’on a fait en 60 ans », s’enorgueillit tout juste la discrète dirigeante de 38 ans qui dirigea Mugler, au sein du groupe aussi.

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