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Les Taittinger et le prix International ArsNova récompensent les jeunes chefs du monde
12 février 2026
Carole Bellemare

Photo : DR
Le 58 ème concours de cuisine d’auteur a couronné Paul Guénot, représentant le Luxembourg et la Belgique
Chez les Taittinger, c’est une tradition et un engagement que l’on perpétue avec fidélité et passion depuis 1967. Chaque année, la Maison de champagne organise un concours culinaire de renom à l’international pour mettre en lumière le talent des jeunes chefs. En furent lauréats, notamment, Joël Robuchon , Michel Roth, Bernard Leprince ou Régis Marcon, devenus des personnages de légende.
Changement dans la continuité, la cérémonie du 58 ème prix “Le Taittinger”, rebaptisé l’an dernier Prix ArsNova de cuisine d’auteur et désormais intégré au nouveau Fonds de dotation maison Philantropic ArsNova, a pris cette année une nouvelle dimension, accueillant des tables de partenaires et une vente aux enchères caritative. L’événement aux allures d’Everest de la gastronomie qui s’est déroulé au Cercle de l’Union Interalliée a réuni 200 personnes dont des personnalités du monde économique, artistique et culinaire. On y remarquait notamment Philippe Varin, Thierry Dassault, Véronique Weill , Laurent Gardinier ou Denis de Kergorlay, le maître de maison.
Ouvrant cette édition 2026, son président Pierre-Emmanuel Taittinger a d’entrée de jeu rendu hommage à ses ainés, Pierre-Christian et Claude Taittinger, mais aussi à sa fille Vitalie Taittinger, qui en lui succédant en 2020 a su avec son frère Clovis, directeur général, impulser ce supplément d’âme et de philanthropie à la maison Taittinger dont il fut le sauveur en 2005. Lancé en famille le fonds ArsNova, dirigé par Anne Rouvillois, est engagé trois domaines : les arts vivants et notamment l’Opéra de Paris, les arts visuels et le patrimoine , et donc, la gastronomie avec ce prix culinaire. Le beau et le bon en somme.
Un jury aux 45 étoiles
Traditionnellement soutenu par les plus grandes toques – «45 étoiles au total au jury »–, s’émerveillait le président de Philantropic ArsNova, le prix a pour vocation de « révéler les talents de demain , en assurant la transmission des savoir-faire auprès de la jeune génération de chefs et en valorisant la singularité de leur cuisine d’auteur ». Les jeunes chefs sont jugés sur la technicité de leurs plats mais aussi leur identité et leur façon unique de travailler le produit, d’où la qualification de « cuisine d’auteur ». Le président du prix Emmanuel Renaut, chef du Flocons de Sel ( Megève) était comblé . Car c’était à ses yeux « la plus belle qualité de travail réalisée par les finalistes depuis une quinzaine d’années ». Ceux-ci, au nombre de huit, avaient été sélectionnés parmi des talents de neuf pays, chacun représentant le sien.
Après avoir planché à l’Ecole Cordon Bleu lors d’une épreuve commune autour du thème du cerf, le nom du grand lauréat fut révélé sur scène : Paul Guénot, représentant le Luxembourg et la Belgique , remporta le grand saladier en argent signé Mauviel. Récompensé de son talent et de sa pugnacité aussi, car le natif des Vosges qui oeuvra notamment au côté du chef Guy Krenzer chez Lenôtre avait déjà tenté sa chance l’année dernière. « Ce prix va changer ma vie », a lancé très ému le sous-chef du restaurant Ma Langue Sourit à Moutfort. Sont aussi montés sur le podium Brice Maillet ( La Chèvre d’Or à Eze) et Simon Quetineau ( Atelier Robuchon , Genève).
65 000 euros récoltés
La cérémonie fut suivie d’un dîner caritatif au cours duquel invités et partenaires eurent droit à un récital envoûtant et à une vente aux enchères animée par Pierre Mothe, vice-président de Sotheby’s France. Elle était dotée de lots alléchants, dont une toile de l’artiste Didier Chamizo qui partit à 20 000 euros. Convoitée aussi , une sculpture- vitrail de Sarah Walbaum, rappelait l’autre fierté de Pierre-Emmanuel Taittinger : la relance réussie avec le Rémois Philippe Varin, ancien patron de Peugeot, de l’Atelier de vitraux Simon-Marq, choisi pour réaliser les vitraux de Notre-Dame de Paris. Cette première vente aux enchères permit de récolter la somme de 65 000 euros qui nourrira le programme d’éducation à une alimentation durable ArTable soutenu par Philantropic ArsNova. Le fonds a notamment mis en place un concept de camion-cuisine itinérant, marrainé par la cheffe étoilée Georgiana Viou , qui a déjà organisé autour de Reims. Equipé de matériel ménager, le camion permet d’aller à la rencontre de publics, dont les enfants, qui n’ont pas toujours l’accès à une nourriture saine, pour leur apprendre à concocter des recettes simples et peu onéreuses qui peuvent être facilement reproduites à la maison.
Un business qui a du sens : l’idée a toujours obsédé Vitalie Taittinger, qui voulait « une soirée belle et inspirante » pour tous les élans du fonds Philantropic ArsNova. La patronne-mécène de Taittinger , qui voulait aussi donner au prix de la cuisine d’auteur « une fonction de cœur et une fonction d’âme », pouvait se féliciter d’avoir « réussi ce virage prometteur ». Emmanuel Renaut a déjà dévoilé le thème de la prochaine édition du 59 ème prix Arsnova de cuisine d’auteur : volaille fermière et homard seront au menu.
Photo : Benoît Pelletier
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