top of page

Natalia Logvinova Smalto, mécène discrète des talents émergents

29 juin 2023

Carole Bellemare

Photo : DR

Avec la remise dernièrement de quatre prix, à l’Institut de France, sa fondation Signature conforte sa place dans le champ culturel français.

Elle est discrète et déterminée et parle un français parfait. Natalia Logvinova, grandie en Ukraine, a fait de la France sa seconde patrie et du monde sa terre d’élection. Une grande voyageuse qui vécut notamment en Italie et aux Etats-Unis avec son mari, le couturier Francesco Smalto, décédé en 2015 , et qui plus que quiconque est convaincue que le talent n’a pas de frontière. Et "qu’il faut être utile".


La remise des prix de sa fondation Signature, dans l’auditorium André et Liliane Bettencourt de l’Institut de France (qui abrite la fondation), a permis de donner un puissant coup de projecteur à cette philanthrope esthète qui démarra fin 2018 en devenant notamment mécène du Petit Palais. Quatre prix et seize récompenses ont été distribués lors de l’événement visant à promouvoir "l’excellence , l’engagement  d’une jeunesse créative et talentueuse, l’ouverture sur le monde et le décloisonnement des disciplines artistiques",  selon le son vœu.


Ponctuée d’intermèdes musicaux, la cérémonie s’est déroulée en présence des lauréats, des membres du jury, des nombreux partenaires institutionnels ainsi que de prestigieux invités. Etaient notamment présents, Jack Lang, président du Comité d’honneur de la fondation, l’ambassadeur de Pologne Wiesław Tarka et les membres de nombreuses ambassades, Agnès Raux (Pays-Bas), Isabel Corte-Real (Portugal), Carolina Diaz Acosta (Colombie), Théodora Simion (Roumanie), Gaëtan Poelman (Belgique) et Vared Benbassa-Heller (Israël). En ouverture, Natalia Logvinova Smalto a rappelé les objectifs de sa fondation, le sens et la valeur de ces récompenses, désormais très convoitées.


​En partenariat avec le ministère de la Culture, le  Prix de l’Art du Jardin  est revenu au Château de Valmer à Chançay (37). Il avait été  remis officiellement le 6 juin au lauréat dans les jardins mêmes, un parc de 60 hectares qui offre des perspectives uniques, où balustrades, statues, colonnes, escaliers et fontaines à l’italienne se  succèdent sur plus de huit niveaux... Les Jardins de la Javelière à Montbarrois (45) et les Jardins Secrets à Vaulx (74)  ont aussi été les deux finalistes gratifiés de cette nouvelle édition.

De son côté, le Prix Fabuleuse Signature, pluridisciplinaire, a mis en lumière une jeune femme ayant choisi la France pour vivre sa vocation artistique. Il est revenu à l’artiste plasticienne polonaise  Katarzyna Wiesiolek. Celle-ci est arrivée en tête des finalistes qui comptaient aussi la cheffe d’orchestre Polina Lebedieva, née à Kiev, la chanteuse lyrique ukrainienne Iryna Kyshliaruk ainsi que les compositrices Diana Soh, d’origine singapourienne, et Violeta Cruz, née à Bogota.


Avec le Prix d’Atelier, Natalia Smalto a aussi voulu récompenser les ateliers de costumes de scène d’opéras et de théâtres. Le jury avait sélectionné cinq finalistes : les ateliers de l’Opéra Comique, de l’Opéra du Rhin, de l’Opéra de Rennes, de l’Opéra de Lorraine et de l’Opéra de Lyon, lequel a remporté la palme.


Enfin, le prix des Musiciens, décerné en partenariat avec l’Opéra national de Paris et avec le soutien du ministère de la Culture pour récompenser un talent de l’Opéra, a été remis à la pianiste et cheffe de chant Mariam Bombrun, aux côtés des deux finalistes, la contrebassiste Sulivan Loiseau et le pianiste chef de chant Carlos Sanchis Aiguirre.


Récompenser les jeunes talents et  les concepteurs de jardins merveilleux, encourager  les jeunes femmes artistes à promouvoir leurs talents et les artisans à transmettre leur savoir faire, mais aussi "créer des passerelles" entre tous ces  univers :  une vision large et généreuse qui résume  toutes les passions de Natalia Smalto, mécène personnellement très engagée. "Je regarde tous les dossiers" explique cette perfectionniste qui estime "qu’une fondation doit se gérer avec la même rigueur qu’une entreprise". 


D’ailleurs , la fille de l’ancien recteur de l’université de Kharkov – dont elle sortit avec un doctorat en psychologie clinique sur les symptômes du stress post-traumatique, notamment les troubles de l’attention chez les liquidateurs du site de Tchernobyl – avait créé sa petite affaire. Après plusieurs années de travaux, de recherches et d‘une thèse en France aussi, elle lançait l’agence ESE pour accompagner les étudiants dans leurs parcours à l’étranger. Du vécu déjà.  Aujourd’hui , la souriante quadra qui rêva aussi un temps de devenir pianiste, n’exclut pas de créer une marque. Pourquoi pas dans le design, son autre passion...

Derniers articles

Le départ de Françoise Hardy ou le retour à la raison

Pierre Tarrade , un "patron" responsable et novateur pour les notaires parisiens

Cyrille Vigneron, mentor des femmes du monde à impact

Virginie Courtin, la force de la nature chez Clarins

Pierre Anjolras, futur visage du Cac 40

bottom of page