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Nitrites : nouvelle victoire pour Yuka

8 juin 2023

Carole Bellemare

Photo : DR

L’application de Julie Chapon marque un nouveau point contre les industriels charcutiers-traiteurs

Mais pourquoi continue-t-on à utiliser des nitrites dans l’agro-alimentaire, alors que les effets cancérogènes de ces composants sont désormais prouvés ? Historiquement, les charcutiers recourent aux composants nitrés pour allonger la durée de conservation des produits et prévenir le développement de bactéries pathogènes à l’origine notamment du botulisme, une affection neurologique grave largement oubliée du fait des progrès sanitaires. Ils donnent aussi  sa couleur rose au jambon, naturellement gris, ce qui semblait attirer jusque-là les consommateurs. Mais jusqu’à quand?


L’application Yuka qui totalise 34 millions d’utilisateurs et s’est donné comme défi, sous la houlette de sa co-fondatrice Julie Chapon, de les faire disparaitre de l’industrie agro-alimentaire, vient de gagner une troisième victoire contre le lobby de la charcuterie. 


Ce 7 juin, dans le cadre de son troisième procès en appel opposant Yuka au secteur, la Cour d’appel de Paris a débouté la Fédération française des industriels charcutiers traiteurs (FICT) de l’ensemble de ses demandes. La FICT a par ailleurs été condamnée à verser 60 000€ à Yuka.


Une nouvelle fois, donc, les juges reconnaissent à l’application le droit d’informer et d’alerter sur les risques pour la santé de ces nitrites ajoutés. En décembre 2022 puis en avril de cette année, celle-ci avait déjà gagné ses deux premiers procès en appel l’opposant aux sociétés A.B.C Industrie, commercialisant la marque Noixfine,  et Le Mont de la Coste, commercialisant la marque Auvernou


Depuis trois ans, Yuka, Foodwatch et la Ligue contre le cancer ont uni leurs forces pour alerter sur les risques pour la santé des additifs à base de nitrites et nitrates (E249, E250, E251, E252). Leur pétition commune demandant leur interdiction dans l’alimentation a connu une forte mobilisation et compte à ce jour près de 500 000 signatures.


À la suite de cette pétition, Yuka avait fait l’objet d’attaques coordonnées de la part du lobby de la charcuterie industrielle. Julie Chapon et ses défenseurs avait alors dénoncé ces affaires comme étant des procédures-bâillons visant à l’épuiser moralement et financièrement, et à décourager l’application à poursuivre ses alertes sur ce sujet majeur de santé publique.


Aujourd’hui, la Cour d’appel reconnaît que la finalité de Yuka est d’informer le consommateur afin de lui permettre de choisir les meilleurs produits pour sa santé, et que l'application est protégée par la liberté d’expression. En mars, le gouvernement a cédé au lobby de la charcuterie en choisissant de réduire l’usage des nitrites plutôt que de les interdire. Mais déterminée, Julie Chapon promet que le combat n’est  pas terminé ...

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